LE MIROIR ÉCOSSAIS ET LA CONVERGENCE DES INDÉPENDANTISTES

8 février, 2013  |  Non classé
Ce texte est signé par le comité exécutif du NMQ, qui a lancé le 13 janvier la Convergence nationale, un projet de mobilisation. Celle-ci invite tous les indépendantistes de bonne volonté à participer à un Congrès du 24 au 26 mai, au Palais des Congrès de Montréal. Déjà, des centaines de personnes s’y sont inscrites.
Par ses déclarations publiées hier dans un quotidien de Québec, le président du Parti québécois, Raymond Archambault, a reconnu toute l’importance que les souverainistes se rassemblent. Le mouvement de convergence de toutes les forces indépendantistes continuera donc.
Par conséquent, la Convergence nationale demande à la base militante du Parti Québécois de lui accorder, d’ici à mai, une écoute et une attention toute particulière à un moment où tous les indépendantistes ont besoin de se retrouver.

 

« La liberté ne peut être que toute la liberté ; un morceau de liberté n’est pas la liberté. »
—     Max Stirner

 

LE MIROIR ÉCOSSAIS ET LA CONVERGENCE DES INDÉPENDANTISTES

Le refus du premier ministre écossais Alex Salmond de se montrer en public en compagnie de Pauline Marois par peur d’être associé à deux échecs référendaires est le symptôme des abcès qui minent l’indépendantisme québécois : le « référendisme » et la dispersion de leurs forces.

Il n’y a pas que le gouvernement écossais qui a peur, les Québécois aussi. Par deux fois, ils ont âprement goûté à la défaite. Aujourd’hui, ils semblent installés dans un réflexe défensif naturel. La crainte d’une nouvelle blessure référendaire (savamment exploitée par nos adversaires fédéralistes), et non la peur de l’indépendance elle-même, agit comme paralysant et freine la progression de notre projet.

D’autant plus que, pour tous les indépendantistes, la présente situation est décevante : le Parti québécois se retrouve aujourd’hui en situation de gouvernement minoritaire, Québec solidaire n’a pas remporté la moitié des comtés que cette formation espérait gagner et Option nationale a perdu son seul député. Voilà qui devrait rendre impérative la convergence de toutes nos forces.

En quelque sorte, l’attitude du gouvernement écossais nous renvoie à nous-mêmes. Appelons cela le miroir écossais. Plutôt que d’y voir dilution et étiolement, il nous faut y voir une invitation au questionnement, à l’approfondissement de notre réflexion et de notre lutte pour l’indépendance.

La question du référendisme

Ce questionnement, selon nous, doit porter sur au moins deux grands enjeux. Le premier est le « référendisme », cette façon de concevoir le projet indépendantiste à travers la seule lorgnette du référendum.

Point cardinal de toute réflexion et de tout engagement politique, tout se joue là, laissant ainsi le peuple face à une seule issue : la victoire ou le recul durable, l’indépendance ou le statu quo. Au-delà de son principe éminemment démocratique, cette façon de concevoir l’avenir a-t-elle été fertile pour notre liberté? Ne conduit-elle pas plusieurs politiciens ayant pris la mesure de la peur chez leurs concitoyens à une impasse discursive et politique, soit celle d’être indépendantistes sans l’être ouvertement? Et d’autres à reprocher aux premiers cette même impasse? Est-ce cela qui conduit les uns et les autres, en rangs dispersés, à chercher une solution au référendisme sans jamais la trouver tout à fait : au PQ dans la gouvernance souverainiste et le référendum d’initiative populaire, chez Québec solidaire dans une assemblée constituante, chez Option nationale dans la rapatriement, après une élection, de toutes nos lois, tous nos impôts et traités? Ne devrait-elle pas conduire tout ce beau monde à chercher une solution ensemble? Comme de concevoir une proposition qui ménagerait des issues et ferait tout de même avancer le Québec en cas de nouvel échec, en même temps que l’on remet le projet d’indépendance en route?

Car après tout, on ne joue pas à la loterie avec l’avenir d’un peuple.

L’impératif de la convergence

L’autre grand enjeu à examiner, nous semble-t-il, est celui de la dispersion de nos forces. Plus que jamais, nous sommes en face d’un impératif commun : celui de se rassembler, se reconnaître dans ses différences et travailler à déterminer les possibilités de convergence de toutes nos forces.

Car la seule façon pour les indépendantistes de pouvoir sérieusement envisager l’indépendance du Québec est d’abord de se réunir. Est-ce nécessaire pour autant de se ressembler? Non. Mais de se respecter? Si. «Ni parfaits ni ennemis à la cause mais ensemble», tel devrait être notre credo.

La Convergence nationale, c’est d’abord et avant tout un projet de mobilisation non partisane, un moment pour mieux penser la cohésion des indépendantistes, un lieu de dialogue ouvert à la diversité des courants d’idées. Il nous faut nous retrouver, clarifier nos objectifs et préciser nos engagements. Tout cela, croyons-nous, est urgent. Et tout cela mérite de faire l’objet de débats ordonnés.

Il faut faire aussi les nécessaires examens de conscience que le mouvement indépendantiste n’arrive pas à faire, engoncé qu’il est entre plusieurs partis, pris eux-mêmes entre leur base militante et celles des autres partis. Sinon, le risque est grand que, sous l’action partisane, les différences d’opinions deviennent à la longue des antagonismes insurmontables. Dans ce contexte, il est nécessaire de revenir tout de suite au cœur de la politique sans intermédiaires, de citoyens à citoyens.

Vers des primaires indépendantistes?

Il est temps que les indépendantistes cessent d’abandonner la question nationale à trois partis politiques qui s’entredéchirent. Il est temps qu’ils deviennent les auteurs de leur propre histoire, qu’ils fassent une plus grande place à leur citoyenneté critique et jettent les bases d’un acte fondateur.

En l’absence de leader pouvant fédérer toutes les aspirations idéologiques divergentes, doit-on inventer une nouvelle formule pour se prémunir des pénalités qu’inflige le système parlementaire britannique à tous ceux qui se divisent? Serait-ce un parapluie d’action politique commun? Une plateforme commune? L’organisation de primaires indépendantistes? Une fusion? Il faut en discuter.

Ce qui est certain est que le conformisme, la torpeur et l’inertie doivent être surmontés. C’est un défi lancé contre l’air du temps : sommes-nous capables de reconnaître notre diversité au point de la formaliser dans un souffle commun? C’est une invitation et une responsabilité collective que nous avons vis-à-vis de notre pays.

Car sinon où va le Québec s’il demeure au sein du Canada? Que pouvons-nous espérer d’un pays qui s’éloigne de nous, dans sa direction comme dans ses valeurs, et au sein duquel le Québec est en minorisation croissante… et en régionalisation économique évidente?

Voilà en somme pourquoi nous proposons à tous la tenue d’un congrès de la Convergence nationale du 24 au 26 mai prochain au Palais des Congrès de Montréal. Si la liberté est toujours notre désir, il faut la rendre possible et unir la nation derrière elle. Loin d’être un exercice naïf, un dialogue conduisant à la reconnaissance mutuelle constitue, à lui seul et en soi, une fin utile et nécessaire.

 -30-

Les membres de l’exécutif du NMQ

Jocelyn Desjardins, coporte-parole et président

Lauréanne Daneau, coporte-parole

Jason Brochu-Valcourt

Atïm León

Benjamin Hogue

Danic Parenteau


5 Commentaires


  1. Pour tous les indépendantistes de l’Est du Québec, planifiez-vous un rassemblement à Québec bientôt également? Car notre «pays» étant vaste, il est parfois difficile pour nos concitoyens de l’Est de voyager jusqu’à Montréal….

    Merci beaucoup!

  2. Simplement vous dire…merci pour ce que vous faites.
    Lâchez pas!

  3. Il faudrait peut-être sortir des sentiers battus, une fois pour toute.
    On annule une Charte de la même façon qu’on l’a édifiée et acceptée. Comme on défait un jouet de la même façon qu’on l’a construit, mais en sens inverse; si on a vissé un boulon pour retenir les pièces, on dévisse et les pièces seront encore disponibles pour recommencer autrement.

    Il n’y a pas eu de référendum au Québec en 1867, pourquoi devrait-il y en avoir maintenant?

  4. J’ai oublié de remplir le formulaire.

    J’ai envoyé un message pour oublier le référendum.

  5. unnouveaumouvement

    Hello,

    You can suscribe to all NMQ communicatiosn on this page: http://www.unnouveaumouvement.org/presse/

    Then click the « Cliquez ici pour vous inscrire à notre liste de presse.. » link and inscribe everything that is needed.

    We apologize for the delay of approuval for your comment, we are a small citizen organization and reorganizing our ressources.

    Please excuse any grammar errors in this response as our volunteers mostly speak French as their primary language.

    Thank you for your interest in the sovereignist cause of Quebec !

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