Communiqué : Pour que rayonne notre langue avant et avec l’indépendance

11 octobre, 2011  |  Non classé

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Montréal, 11 octobre 2011 – Le français recule au Québec, surtout à Montréal, la loi 101 n’a pas eu tous les effets escomptés et la Cour suprême du Canada en dilue la portée. Des solutions sont possibles dans le cadre constitutionnel canadien, mais un véritable règlement du débat linguistique passe par l’indépendance nationale.

 Voilà les faits saillants d’un document de réflexion de 39 pages sur l’état de la langue française au Québec rendu public ce matin à Gatineau par le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ). Ce document s’intitule Pour que rayonne notre langue avant et avec l’indépendance.

Dans sa toute première contribution sur le contenu du discours indépendantiste, le NMQ se montre préoccupé par l’érosion de la situation du français au Québec (portrait statistique à l’appui). En effet, les francophones pourraient être minoritaires à Montréal d’ici 2021; tout près de la moitié des allophones se tournent vers l’anglais lorsqu’ils abandonnent leur langue maternelle; et la place du français comme langue de travail à Montréal et dans l’Outaouais laisse à désirer.

« Le français au Québec recule », affirme l’ex-journaliste Daniel Raunet, un des auteurs qui a pris la direction du document dévoilé aujourd’hui par le NMQ. « Il recule inexorablement, et, sans être alarmiste, il faut savoir que les majorités peuvent devenir un jour minorités et que les langues qui ne s’appuient pas sur un État-nation peuvent s’écrouler en quelques générations. Quoi de plus symbolique que de présenter à Gatineau ce document, une région qui, comme Montréal, est sur la ligne de front de la résistance à l’anglicisation. » Récipiendaire du Prix Raymond Charrette en 2001, Daniel Raunet à réalisé une série de 50 émissions sur la langue française en 2000 et présenté un mémoire à la Commission des états généraux sur la situation du français au Québec en 2001.

Les trois axes du document : la différence de vision, une nouvelle médecine et un pays

Trois grandes idées sont au cœur de ce document.

Premièrement, le Canada et le Québec n’ont pas la même vision de ce qu’est une langue. Pour le Canada, ce n’est qu’un simple outil de communication. Pour les Québécois, c’est un outil de communion, une maison commune, et c’est par là que se transforme notre espace culturel en espace politique. « La vision québécoise de la langue, une société française dans tous les aspects de sa vie publique, continue d’être sapée par une logique canadienne qui lui est étrangère et incompatible », peut-on lire dans ce document. « Le bilinguisme officiel à la canadienne contient, dans sa logique même, la dilution progressive de l’identité québécoise ».

Deuxièmement, la loi 101 n’a pas eu tous les effets escomptés; à chaque jugement de la Cour Suprême sur la Charte de la langue française, le bilinguisme pèse davantage sur les épaules des Québécois. C’est pourquoi, selon le NMQ il nous faut collectivement effectuer une mise à niveau des protections que nous nous sommes collectivement donnés. « La langue française est au cœur de l’identité du Québec. Et ce cœur a aujourd’hui besoin d’une nouvelle médecine », peut-on lire à juste titre dans ce document.

« Actuellement, pour une bonne part, c’est la nation voisine qui décide du rôle que doit jouer le français au Québec », écrit Jocelyn Desjardins, instigateur du NMQ. « Ses tribunaux invalident nos décisions, nous forçant à reprendre continuellement ce débat qui, s’il n’en tenait qu’aux Québécois, serait réglé depuis 40 ans. C’est le Canada qui nous force à revenir sans cesse sur la question linguistique en nous forçant à rétrécir à chaque fois notre horizon. Nous ne pouvons pourtant pas nous lasser et laisser faire. Ou alors, le Canada nous aura eu à l’usure. »

Troisièmement, puisque la constitution que le Canada s’est dotée sans le consentement du Québec lui accorde un pouvoir juridique sur les lois linguistiques du Québec (dont celui d’invalider les décisions de son gouvernement), les Québécois doivent songer « à la meilleure de toutes les protections, à l’action la plus définitive et à la seule façon d’agir entièrement et sans entraves de la Cour suprême, soit de devenir un pays. Ce serait en effet à l’avantage de tous les Québécois, à l’avantage du fait français en Amérique et de notre rayonnement dans le monde », peut-on lire dans le document. « Au Québec, il faut que ceux qui y vivent, y travaillent, y étudient ou viennent s’y établir sachent clairement, spontanément, automatiquement, c’est en français que les choses se passent ».

À propos de la division

Ajoutons que le NMQ estime que l’État n’a pas à légiférer sur la langue que les citoyens parlent à la maison. Il doit par contre intervenir avec vigueur dans les domaines négligés de la langue de travail, de la langue d’usage public et de l’intégration des immigrants.

Pour le NMQ, la question linguistique ne divise pas vraiment les Québécois. C’est l’obligation de reprendre constamment le débat qui nous embête à chaque jugement de la Cour Suprême. « Ce n’est pas nous, indépendantistes, qui semons la division, c’est le Canada qui le fait. Il nous divise. Faisons abstraction du Canada et l’on se rendra vite compte que l’on s’entend, que nous partageons tous une certaine idée du Québec. Et qu’il est grand temps de le faire avancer », juge Jocelyn Desjardins.

La décision du NMQ de présenter ce document avant l’Assemblée qu’il tiendra à Gatineau le dimanche 16 octobre, dès 11 h, à la Polyvalente Nicolas-Gatineau, n’est pas fortuite. La population de l’Outaouais est confrontée quotidiennement au débat linguistique, ne serait-ce que par la proximité du voisin Ontarien. Rappelons que dans la région métropolitaine de Gatineau, les francophones, qui représentent 79,6 % de la population, travaillent en anglais dans 22,4 % des cas, tandis que les anglophones travaillent en anglais dans 81,6 % des cas.

« Ensemble, Montréal et l’Outaouais vivent les mêmes réalités de luttes linguistiques mais avec deux angles différents. Si elles s’y mettent ensemble, les populations de ces deux régions peuvent faire sauter bien des verrous », de conclure Daniel Raunet.

Vous trouverez, joint à ce présent communiqué, le document Pour que rayonne notre langue, avant et après l’indépendance, ainsi qu’un sommaire exécutif. Ce document sera aussi disponible sur le site web du NMQ à www.unnouveaumouvement.org.

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Pour plus de renseignements :

Daniella Johnson

Relations de presse, NMQ

c. : 514-377-8377

media@unnouveaumouvement.org

 

 


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